Aller au contenu

Cer Mes 3

Actu

Passé simple du verbe choisir : terminaisons, accords et erreurs à éviter

Jeune femme étudiant la conjugaison du passé simple du verbe choisir dans un manuel de grammaire française

Le passé simple du verbe choisir obéit au modèle régulier du deuxième groupe, mais ses formes au singulier se confondent graphiquement avec le présent de l’indicatif. Cette homographie génère la majorité des erreurs relevées dans les copies et les textes professionnels. Comprendre la mécanique des terminaisons et les points de friction avec d’autres temps permet d’éliminer ces fautes à la source.

Choisir au passé simple : l’absence du segment -iss- comme marqueur distinctif

Au présent de l’indicatif, les formes plurielles du deuxième groupe intercalent le segment -iss- entre le radical et la désinence : nous choisissons, vous choisissez, ils choisissent. Au passé simple, ce segment disparait totalement. Les terminaisons se greffent directement sur le radical chois-.

Personne Passé simple Terminaison
je je choisis -is
tu tu choisis -is
il / elle il choisit -it
nous nous choisîmes -îmes
vous vous choisîtes -îtes
ils / elles ils choisirent -irent

L’erreur la plus fréquente consiste à réintroduire le -iss- au pluriel par analogie avec le présent. Écrire *nous choisissîmes* ou *ils choisissèrent* constitue une faute morphologique. Le passé simple du deuxième groupe ne connaît que les désinences -is, -is, -it, -îmes, -îtes, -irent, sans infixe.

Notons que l’accent circonflexe sur les première et deuxième personnes du pluriel (choisîmes, choisîtes) n’est pas optionnel. Il distingue ces formes de constructions inexistantes et reste obligatoire, y compris après les rectifications orthographiques de 1990, qui ne touchent pas les désinences verbales.

La conjugaison du verbe choisir au passé composé repose sur un mécanisme différent puisqu’elle fait intervenir l’auxiliaire avoir et le participe passé choisi, avec des règles d’accord distinctes.

Professeur de français écrivant les terminaisons du passé simple du verbe choisir au tableau dans une salle de classe

Passé simple ou présent de l’indicatif : lever l’homographie de choisir

Au singulier, les formes du passé simple et du présent sont identiques à l’écrit : je choisis, tu choisis, il choisit. Seul le contexte syntaxique ou temporel permet de trancher. Un marqueur temporel passé (ce jour-là, en 1995, à cet instant) oriente vers le passé simple. Un marqueur d’habitude ou de présent (chaque matin, aujourd’hui) oriente vers le présent.

En narration littéraire, l’opposition est plus subtile. Le passé simple exprime une action de premier plan, bornée dans le temps, tandis que l’imparfait installe le décor. Par exemple : « Elle hésitait encore quand il choisit de partir » – ici, choisit est un passé simple parce que l’action est ponctuelle et fait progresser le récit.

L’ambiguïté disparait au pluriel, où les formes divergent nettement :

  • Présent : nous choisissons, vous choisissez, ils choisissent (avec -iss-)
  • Passé simple : nous choisîmes, vous choisîtes, ils choisirent (sans -iss-, avec accent circonflexe aux P1 et P2 du pluriel)
  • Imparfait : nous choisissions, vous choisissiez, ils choisissaient (avec -iss- et désinences en -ais/-ait/-aient)

Quand une phrase au singulier reste ambiguë hors contexte, nous recommandons de reformuler en ajoutant un complément circonstanciel de temps plutôt que de compter sur la seule morphologie.

Accord du participe passé choisi : les pièges liés au passé simple

Le passé simple est un temps simple : le verbe conjugué s’accorde uniquement avec le sujet, en personne et en nombre. Il n’y a jamais d’accord en genre au passé simple. On écrit « elle choisit » et non *elle choisite*. Cette erreur survient par contamination avec le participe passé, où le féminin choisie existe bel et bien.

La confusion s’installe parce que le participe passé choisi intervient dans des temps composés proches du passé simple. Le passé antérieur (il eut choisi), construit avec le passé simple de l’auxiliaire avoir suivi du participe, cumule les deux logiques :

  • L’auxiliaire eut s’accorde avec le sujet (temps simple de avoir)
  • Le participe choisi suit la règle du COD antéposé : « les routes qu’il eut choisies » prend le féminin pluriel parce que « routes » (COD) précède le participe
  • Sans COD antéposé, le participe reste invariable : « il eut choisi ses mots »

Choisit ou choisît : le subjonctif imparfait

Une autre source de confusion concerne la troisième personne du singulier. « Il choisit » est le passé simple ; « qu’il choisît » est le subjonctif imparfait. L’accent circonflexe n’est pas décoratif : il change le mode du verbe. Le subjonctif imparfait apparait dans des constructions de concordance des temps au passé, comme « il fallait qu’il choisît » ou « je souhaitais qu’il choisît ».

En pratique, le subjonctif imparfait est rare à l’oral et dans la presse contemporaine, remplacé par le subjonctif présent (« il fallait qu’il choisisse »). En rédaction littéraire ou juridique, la distinction reste active.

Lycéen révisant les conjugaisons du passé simple du verbe choisir dans son cahier durant une pause scolaire

Verbes du deuxième groupe au passé simple : appliquer le modèle de choisir

Tous les verbes du deuxième groupe (infinitif en -ir, participe présent en -issant) suivent exactement le même schéma au passé simple. Finir donne je finis, nous finîmes ; grandir donne je grandis, nous grandîmes ; réussir donne je réussis, nous réussîmes. Le modèle de choisir est donc transposable sans exception à l’ensemble du groupe.

Cette régularité distingue le deuxième groupe du troisième, où les passés simples varient considérablement : je pris (prendre), je vis (voir), je sus (savoir). Un verbe en -ir qui ne fait pas -issant au participe présent appartient au troisième groupe et ne suit pas ce modèle. Partir (partant, pas *partissant*) donne je partis, mais avec un radical différent : par- et non part-iss-.

Le critère de tri est fiable : si le participe présent se termine par -issant, le passé simple prend les terminaisons -is/-it/-îmes/-îtes/-irent sur le radical court, sans -iss-. Si le participe présent ne contient pas -issant, le verbe relève du troisième groupe et ses formes au passé simple doivent être vérifiées individuellement.

Le passé simple de choisir ne pose, en définitive, qu’un nombre limité de difficultés, toutes liées à des interférences avec d’autres temps ou modes. Retenir l’absence du segment -iss-, la stabilité du modèle au sein du deuxième groupe et la distinction graphique entre passé simple et subjonctif imparfait à la troisième personne suffit à couvrir la quasi-totalité des cas problématiques.

Passé simple du verbe choisir : terminaisons, accords et erreurs à éviter